En Espagne, la frontière entre la vie de couple et la chronique judiciaire n'aura jamais été aussi mince. Le samedi 20 juin 2026, le juge d'instruction madrilène Juan Carlos Peinado aurait ordonné le renvoi en procès de Begoña Gómez, épouse du président du gouvernement Pedro Sánchez, pour trafic d'influence, corruption dans la conduite des affaires et détournement de fonds publics.

Dans la foulée, le magistrat aurait assorti sa décision de mesures dignes d'un prévenu jugé à risque : remise du passeport, interdiction de quitter le territoire et obligation de se présenter au tribunal deux fois par mois. Motif invoqué, selon la presse : un risque de fuite. Pour l'épouse d'un chef de gouvernement en exercice, l'argument a, disons, un certain panache.

😏 Côté cynique
Confisquer le passeport de la femme du Premier ministre pour « risque de fuite », c'est partir du principe qu'elle pourrait quitter le pays plus vite que son mari ne quitte un plateau de télévision. On a connu juge plus prudent ; on a rarement connu juge plus imagé.

Des marchés publics et un logiciel qui posent question

Sur le fond, Begoña Gómez serait soupçonnée d'avoir usé de sa position pour influencer l'attribution de marchés publics à un groupe d'entreprises technologiques. Le juge évoquerait par ailleurs un usage indu de moyens publics : le recrutement d'une conseillère et l'utilisation d'un logiciel développé avec des ressources publiques alors qu'elle exerçait comme enseignante dans une université publique.

L'intéressée nie tout manquement. Aucune date de procès n'aurait encore été fixée — ce qui, en matière judiciaire espagnole, peut signifier des mois, voire davantage, de procédure et de recours possibles.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 20 juin 2026, le juge Juan Carlos Peinado aurait ordonné le renvoi en procès de Begoña Gómez.
  • Chefs visés : trafic d'influence, corruption et détournement de fonds publics.
  • Mesures : passeport confisqué, interdiction de sortie du territoire, pointage bimensuel, pour « risque de fuite ».
  • Soupçons : influence sur des marchés publics au profit d'entreprises tech ; usage de moyens publics à l'université.
  • Elle nie ; pas de date de procès fixée. Présomption d'innocence.

Pour mémoire, Begoña Gómez avait déjà été mise en cause en mai 2026 dans ce dossier, et son mari entendu comme témoin à la Moncloa. Le feuilleton n'est donc pas neuf ; il vient simplement de franchir un cap procédural.

Verdict Magouilles & Compagnie

Magouille ou calomnie ? Un renvoi en procès n'est pas une condamnation : c'est l'étape où un juge estime qu'il y a assez d'éléments pour qu'un tribunal tranche. Verdict provisoire : quand la justice confisque le passeport de l'épouse d'un chef de gouvernement, c'est que l'affaire a quitté le terrain de la rumeur pour celui du prétoire. Reste à voir si le procès confirmera les soupçons — ou les dissipera.