Article d'archive. Le 7 novembre 2001, la Sabena, compagnie aérienne nationale belge, déposait le bilan : faillite, des milliers d'emplois envolés. Dix ans plus tard, un ancien délégué syndical, Salvatore Bongiorno, publiait « Sabena, ma vérité » — et, selon La Dernière Heure, n'y allait pas avec le dos de la cuillère.
Au rang des accusations : lors de la fameuse commande de 34 Airbus (17 novembre 1997), alors que la compagnie n'en aurait eu besoin que d'une quinzaine, le bilan aurait été truqué pour afficher un bénéfice de circonstance — quitte à brader des « bijoux de famille », dont des bâtiments à New York. Bongiorno évoque aussi des surfacturations en cascade par les sociétés sœurs (un appel au help-desk d'Atraxis facturé 12 000 francs ; la restauration refacturée jusqu'à 465 % plus cher), et 120 millions de francs dépensés pour peindre à Toulouse deux Airbus aux couleurs de la Sabena… qui ne lui étaient plus destinés.
Commander 34 avions quand on en utilise quinze, c'est la version aéronautique du « achète maintenant, regrette plus tard ». La Sabena a au moins réussi un exploit : faire décoller son bilan sans faire décoller ses appareils. Le reste de la flotte, lui, est resté cloué au sol — comme les économies du contribuable belge.
Du Zaïre aux Bermudes, en passant par le Luxembourg
Le passage le plus spectaculaire du livre vise un montage : une police d'assurance contre la perte de bagages, créée avec une compagnie luxembourgeoise, qui aurait été « grassement alimentée » depuis le Zaïre, l'argent excédentaire transitant par les Bermudes pour y être blanchi avant de revenir au Luxembourg — au bénéfice, selon l'auteur, de membres du comité de direction. Bongiorno met aussi en cause Swissair, soupçonnée d'avoir vampirisé les lignes rentables et, in fine, de vouloir couler la Sabena ; et il égratigne les politiques, dont Elio Di Rupo, accusé d'avoir vendu aux Suisses « sans les garanties nécessaires ».
Zaïre, Bermudes, Luxembourg : pour une compagnie qui peinait à remplir ses vols, l'argent, lui, avait un programme de fidélité international très bien organisé. La perte de bagages aura au moins enrichi quelqu'un — rarement le passager qui cherchait sa valise.
Ce qu'il faut retenir
- Faillite de la Sabena le 7 novembre 2001 ; livre-témoignage de Salvatore Bongiorno dix ans après.
- Commande de 34 Airbus (1997) jugée surdimensionnée, sur un bilan présenté comme truqué.
- Surfacturations de filiales (Atraxis, restauration +465 %) ; 120 M FB pour repeindre deux Airbus jamais livrés.
- Montage d'assurance bagages Zaïre → Bermudes → Luxembourg, décrit comme du blanchiment.
- Accusations d'un témoin ; présomption d'innocence pour les personnes citées.
Verdict Magouilles & Compagnie
Magouille ou calomnie ? Ce sont les affirmations d'un homme remonté, relayées par la presse ; tout n'a pas été tranché par un tribunal. Verdict d'archive : une faillite emblématique, un témoin à charge, et une longue liste de « comment a-t-on pu en arriver là ». La Sabena restera le cas d'école belge de la compagnie qu'on a, dit-on, aidée à s'écraser.
⚖ Votre verdict Live
Selon vous, ce dossier relève-t-il de la magouille — ou de la calomnie ?
📚 Nos sources
❓ Questions fréquentes
Quand la Sabena a-t-elle fait faillite ?
Le 7 novembre 2001. Cet article d'archive revient sur les accusations publiées dix ans plus tard.
Qui est Salvatore Bongiorno ?
Un ancien délégué syndical de la Sabena, auteur du livre « Sabena, ma vérité » (2011), très critique envers Swissair, les dirigeants et les politiques.
Ces accusations ont-elles été jugées ?
Il s'agit d'un témoignage à charge relayé par la presse ; elles n'établissent pas de culpabilité et la présomption d'innocence s'applique.
Cet article est-il une vraie information ?
C'est de la satire factuelle d'archive, fondée sur La Dernière Heure (2011).
