Dans la ruée vers l'or de l'intelligence artificielle, certains ont vendu des pelles. iLearningEngines, elle, aurait surtout vendu du vent — facturé au prix de l'IA. Le 17 avril 2026, la justice fédérale de Brooklyn a rendu public un acte d'accusation visant l'ancien PDG Puthugramam Chidambaran et l'ex-directeur financier Sayyed Farhan Ali Naqvi de cette société d'« automatisation dopée à l'IA ».
Le chef d'œuvre présumé : sur les 421 millions de dollars de revenus déclarés en 2023, au moins 90 % seraient entièrement fictifs. Le tout porté par « un réseau complexe de contrats bidon avec de prétendus clients », parfois censés valoir des dizaines de millions par an. Inculpés pour entreprise criminelle financière continue, fraude en valeurs mobilières et escroquerie (wire fraud), Chidambaran (57 ans, arrêté dans le Maryland) et Naqvi (44 ans, arrêté en Californie) auraient agi avec cinq complices, de janvier 2019 à avril 2025.
Le génie de l'époque : à l'ère de l'IA, plus besoin d'avoir des clients, il suffit de les générer. iLearningEngines aurait poussé le concept jusqu'au bout — une entreprise « intelligente » dont la principale production artificielle était son propre chiffre d'affaires. 380 millions de dollars sortis d'un tableur : voilà la seule automatisation qui ait, semble-t-il, parfaitement fonctionné.
La bulle qui se dégonfle en faillite
Le problème, avec les revenus imaginaires, c'est qu'ils ne paient pas les factures réelles. La société a fini en faillite, laissant investisseurs et prêteurs face à un trou béant. Le dossier illustre à merveille le risque de l'« AI washing » : badigeonner une start-up de promesses d'IA pour aspirer des capitaux, jusqu'à ce que la réalité comptable rattrape la fiction marketing.
Les marchés adorent trois lettres : I, P, O. iLearningEngines en aura préféré deux : I et A. Le résultat est le même pour l'investisseur — il a financé une démonstration de magie, persuadé d'acheter de la technologie. Quand le rideau tombe, il ne reste sur scène ni algorithme, ni client : juste un avocat.
Ce qu'il faut retenir
- Ex-PDG Chidambaran et ex-DAF Naqvi d'iLearningEngines inculpés à Brooklyn le 17 avril 2026.
- Au moins 90 % des 421 M$ de revenus 2023 seraient fictifs (contrats bidon).
- Chefs : entreprise criminelle financière continue, fraude en valeurs mobilières, wire fraud ; schéma 2019-2025, 5 complices.
- Société en faillite ; investisseurs et prêteurs lésés.
- Inculpation : présomption d'innocence.
Verdict Magouilles & Compagnie
Magouille ou calomnie ? L'acte d'accusation est chiffré et précis ; il reste à juger. Verdict provisoire : « AI washing » de manuel, chiffre d'affaires largement imaginaire, faillite bien réelle. La leçon pour les investisseurs : quand une société promet l'intelligence artificielle, mieux vaut vérifier que les clients, eux, ne sont pas artificiels.
⚖ Votre verdict Live
Selon vous, ce dossier relève-t-il de la magouille — ou de la calomnie ?
📚 Nos sources
- Insurance Journal — « Ex-CEO, Ex-CFO of Bankrupt AI Company Charged With Fraud »
- CFO Dive — « Former CEO, ex-CFO of AI company charged with fraud »
- Inc. — « Executives of Troubled AI Automation Company Arrested »
❓ Questions fréquentes
Que reproche-t-on à iLearningEngines ?
D'avoir gonflé artificiellement ses revenus via des contrats fictifs : selon le parquet, au moins 90 % des 421 millions de dollars de chiffre d'affaires déclarés en 2023 étaient inventés.
Qui est inculpé ?
L'ancien PDG Puthugramam Chidambaran et l'ex-directeur financier Sayyed Farhan Ali Naqvi, pour fraude en valeurs mobilières, escroquerie et entreprise criminelle financière continue.
Qu'est-ce que l'« AI washing » ?
Le fait de survendre une activité comme « propulsée par l'IA » pour attirer des capitaux, au-delà de la réalité technologique ou commerciale de l'entreprise.
Cet article est-il une vraie information ?
C'est de la satire factuelle, fondée sur l'acte d'accusation et la presse économique. Présomption d'innocence respectée.
