Septembre 2015 : l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) annonce que Volkswagen a installé sur 11 millions de véhicules un logiciel capable de détecter les tests d'émissions et de tricher pendant ces tests. En conditions réelles, les véhicules émettent jusqu'à 40 fois les normes. C'est la plus grande fraude industrielle européenne du siècle.

L'affaire éclate aux États-Unis. L'EPA publie un communiqué le 18 septembre 2015 accusant Volkswagen d'avoir installé sur ses moteurs diesel TDI un « defeat device » : un logiciel qui détecte les conditions de test (volant immobile, roues en rotation, etc.) et active alors le mode dépollution complet. Une fois sur la route, le logiciel désactive partiellement la dépollution pour préserver les performances. Les émissions de NOx réelles atteignent jusqu'à 40 fois les normes.

Le PDG Martin Winterkorn démissionne en quelques jours. Volkswagen avoue : 11 millions de véhicules concernés dans le monde, dont environ 8,5 millions en Europe et 600 000 aux États-Unis. L'amende américaine atteint 4,3 milliards de dollars ; les indemnisations aux consommateurs et aux États fédérés portent la facture totale à plus de 30 milliards d'euros.

😏 Côté cynique
Pendant 7 ans, Volkswagen a vendu une voiture « propre » qui mesurait sa propreté uniquement quand elle savait être observée. Soit le résumé le plus précis jamais donné de la communication d'entreprise moderne.
Usine Volkswagen à Wolfsburg
Photo : Wikimedia Commons — L'usine de Wolfsburg, vaisseau-amiral de Volkswagen. Sept ans de tricherie organisée y ont été conçus et exécutés.

Les procès, les condamnations

Martin Winterkorn, plusieurs cadres dirigeants et ingénieurs ont été poursuivis en Allemagne et aux États-Unis. Aux USA, Oliver Schmidt (ex-directeur de la conformité environnementale VW US) a été condamné à 7 ans de prison ferme en 2017. En Allemagne, le procès Winterkorn a longtemps été suspendu pour raisons de santé, avant de reprendre en 2024. Verdict attendu courant 2025-2026.

Au-delà des sanctions pénales, l'affaire a déclenché une refonte progressive des protocoles de tests d'émissions en Europe (passage du cycle NEDC au WLTP, tests en conditions réelles), et a accéléré la fin politique du diesel dans plusieurs pays européens (France, Royaume-Uni, Pays-Bas).

Et la santé publique ?

Plusieurs études (dont une étude du Massachusetts Institute of Technology et de l'Environmental Health Perspectives) estiment que les émissions illégales de NOx liées au Dieselgate auraient causé entre 1 200 et 5 000 morts prématurées en Europe entre 2008 et 2015, principalement par maladies respiratoires et cardiovasculaires liées à la pollution.