Le ministère du Travail est censé protéger les travailleurs ; ici, dit l'accusation, il aurait facturé le droit de les faire travailler ailleurs. Le tribunal populaire de Hanoï juge depuis le 18 août l'ex-vice-ministre du Travail Nguyen Ba Hoan et 27 co-prévenus. De 2021 à mai 2025, les fonctionnaires chargés des licences d'envoi de travailleurs à l'étranger auraient délibérément fait traîner les dossiers pour imposer un tarif fixe par autorisation — de 100 à 400 millions de dôngs. Parmi les prévenus, l'ex-chef du bureau du travail à l'ambassade en Corée du Sud. Présumés innocents.

Le mécanisme reproché est celui de la lenteur organisée : ralentir volontairement une procédure jusqu'à ce que l'usager paie pour l'accélérer. Appliqué aux licences d'export de main-d'œuvre, marché lucratif et très demandé, il transforme une mission de régulation en racket administratif.

😏 Côté cynique
Le ministère du Travail avait trouvé sa plus-value : facturer le droit de travailler. Un guichet où la seule heure supplémentaire payée était celle de l'attente.

Un procès de masse, signe d'un système

Le nombre de co-prévenus — 28 au total — indique que l'accusation vise un système organisé, non des écarts individuels. La présence d'un responsable en poste à l'étranger (Corée du Sud) suggère des ramifications jusque dans le réseau diplomatique chargé d'encadrer ces travailleurs.

Le Vietnam mène depuis plusieurs années une campagne anticorruption intense, touchant des responsables de haut niveau. Ce procès s'y inscrit : il vise le sommet administratif d'un secteur stratégique.

Un procès en cours, rien d'établi définitivement

Prudence : le procès est en cours ; aucun jugement définitif n'est rendu. La réalité des faits, leur ampleur et les responsabilités seront tranchées par le tribunal. La présomption d'innocence s'applique aux 28 prévenus. Les éléments proviennent de la presse vietnamienne, présentés au conditionnel.

Ce qu'il faut retenir

  • Le tribunal de Hanoï juge l'ex-vice-ministre Nguyen Ba Hoan et 27 co-prévenus.
  • Licences d'envoi de travailleurs à l'étranger monnayées.
  • Tarif de 100 à 400 M de dôngs par autorisation (2021-2025).
  • Dossiers volontairement ralentis pour imposer le paiement.
  • Procès en cours. Présumés innocents.

Verdict Magouilles & Compagnie

Magouille ou calomnie ? Il y a un procès de masse et une accusation précise ; il n'y a pas encore de jugement. Verdict provisoire : quand le droit de travailler à l'étranger s'affiche au tarif syndical, le seul export vraiment rentable était celui des enveloppes.