À la RATP, on connaît les lignes qui ne s'arrêtent jamais ; certaines fiches de paie, dit l'accusation, non plus. L'association AC!! Anti-Corruption a déposé, le 12 août, une nouvelle plainte au Parquet national financier, après les révélations du Canard enchaîné : environ 200 élus franciliens, de droite comme de gauche, auraient cumulé un poste à temps plein « peu exigeant » à la RATP avec l'exercice de leur mandat. En pointe, Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, visé pour détournement de fonds publics et emploi fictif. La RATP dément fermement. Présumés innocents.

Les qualifications visées — détournement de fonds publics, favoritisme, faux — dessinent la mécanique classique du soupçon : un poste dont la charge réelle ne correspondrait pas au salaire versé, au bénéfice de personnes par ailleurs accaparées par un mandat électif à temps plein. Le nombre — 200 — donne au dossier une dimension systémique, par-delà les étiquettes partisanes.

😏 Côté cynique
À la RATP, certains élus avaient un abonnement illimité… au bulletin de salaire sans pointer. Le seul trajet jamais raté aura été celui de la paie.

Un cumul qui interroge la charge réelle du poste

Toute la question tient dans un mot : la réalité du travail fourni. La loi permet, et même facilite, la conciliation entre un emploi salarié et un mandat local : c'est ce que rappelle la RATP pour sa défense. Mais concilier suppose que le poste corresponde à un service effectif. Si l'activité est quasi inexistante alors que le salaire est plein, on quitte la conciliation pour l'emploi fictif.

Le caractère transpartisan du dossier — élus « de droite comme de gauche » — est en soi remarquable. Il suggère, si les faits sont avérés, un arrangement institutionnel banalisé plutôt qu'une dérive individuelle. C'est précisément ce type de système que la plainte cherche à faire qualifier par la justice.

Une plainte, un démenti, aucune condamnation

Prudence de méthode : une plainte déclenche, au mieux, une enquête ; elle n'établit rien. La RATP conteste fermement et invoque les règles de droit commun. Les élus visés, dont Bally Bagayoko, bénéficient de la présomption d'innocence. Les éléments proviennent de la presse, présentés au conditionnel.

😏 Côté cynique
200 postes « peu exigeants » : à ce niveau, ce n'est plus un organigramme, c'est un abonnement de groupe. La ponctualité, elle, restait facultative.

Ce qu'il reste à établir

La réalité des emplois en cause, l'existence d'un véritable système et les responsabilités individuelles seront établies par l'enquête, si elle est ouverte. À ce stade, il y a une plainte lourde et un démenti ferme ; le reste appartient au Parquet national financier.

Ce qu'il faut retenir

  • AC!! Anti-Corruption dépose une plainte au PNF le 12 août.
  • Présumé système d'emplois fictifs pour env. 200 élus franciliens, tous bords.
  • En pointe : Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis.
  • Qualifications : détournement de fonds publics, favoritisme, faux.
  • La RATP dément fermement. Aucune condamnation. Présumés innocents.

Verdict Magouilles & Compagnie

Magouille ou calomnie ? Il y a une plainte détaillée et un démenti catégorique ; il n'y a ni enquête aboutie ni jugement. Verdict provisoire : quand 200 élus auraient partagé le même poste « peu exigeant », la seule ligne vraiment directe reliait le badge… au bulletin de salaire.