Au Nigeria, on peut perdre un portefeuille ministériel pour bien des raisons. Uche Nnaji, ex-ministre de l'Innovation, de la Science et de la Technologie, en aurait trouvé une inédite : un diplôme que la justice soupçonne d'avoir été fabriqué. Arrêté début juillet, il est désormais poursuivi par la Commission indépendante des pratiques de corruption (ICPC).

Une arrestation à l'aéroport

Selon Premium Times, Uche Nnaji aurait été interpellé le 1er juillet 2026 à l'aéroport international Nnamdi-Azikiwe d'Abuja, à la suite d'un mandat d'amener délivré par la Haute Cour fédérale. L'ICPC aurait ensuite engagé les poursuites.

D'après Channels TV, l'ancien ministre a plaidé non coupable, le 13 juillet, de six chefs d'accusation devant la Haute Cour fédérale d'Abuja. Il a été admis à une caution de 20 millions de nairas, avec obligation de déposer son passeport, et le procès aurait été renvoyé au 21 septembre 2026.

La Haute Cour fédérale du Nigeria à Abuja.
Photo : Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — C'est devant la Haute Cour fédérale d'Abuja que se tiendra le procès.

Ce que reproche l'ICPC

Les accusations porteraient sur la falsification présumée de titres universitaires : un diplôme de l'Université du Nigeria à Nsukka et un certificat de fin de service civique national (NYSC), documents qui auraient été présentés lors de son audition de confirmation ministérielle en 2023. L'ancien ministre serait également soupçonné d'avoir perçu environ 29,5 millions de nairas de traitements et avantages sous de faux prétextes, ainsi que de blanchiment.

😏 Côté cynique
Il gérait le portefeuille de l'innovation. La justice lui reproche surtout, semble-t-il, d'avoir innové sur ses propres diplômes.

Un dossier symbolique

Au-delà du cas individuel, l'affaire touche un point sensible de la vie publique nigériane : la vérification des titres des responsables nommés. Si les soupçons étaient confirmés, l'idée qu'un ministre ait pu accéder à ses fonctions sur la foi de documents falsifiés aurait une portée politique considérable.

Verdict Magouilles & Compagnie

Uche Nnaji a plaidé non coupable et conserve, jusqu'au procès du 21 septembre, l'entière présomption d'innocence. Il reviendra à l'ICPC de démontrer la falsification présumée. En attendant, le dossier rappelle une vérité peu confortable : un faux diplôme finit parfois par coûter plus cher qu'un vrai.