Au Mexique, l'extorsion est un impôt informel prélevé par la peur. Cette fois, ce sont des élus qui se retrouvent du mauvais côté du guichet : les autorités auraient arrêté plusieurs responsables locaux de l'État de Morelos, dans une opération contre les réseaux de racket.

Des élus dans le viseur

Selon Bloomberg, quatre responsables locaux auraient été interpellés, dont un maire par intérim et un ancien maire de l'État de Morelos, dans le cadre d'une vaste opération contre l'extorsion. Le maire d'opposition de Cuautla, Jesús Corona, serait quant à lui recherché.

Cuautla, dans l'État de Morelos.
Photo : Wikimedia Commons — CC BY-SA 2.0 — L'opération vise des réseaux d'extorsion présumés dans l'État de Morelos.

Le « cobro de piso », fléau national

L'extorsion — le fameux cobro de piso — pèse sur des centaines de milliers de commerces mexicains. Que des figures politiques locales soient soupçonnées d'y être mêlées illustre la porosité, dans certaines régions, entre pouvoir municipal et criminalité organisée.

😏 Côté cynique
Officiellement, un maire lève l'impôt local. Officieusement, selon les enquêteurs, certains auraient diversifié leurs sources de recettes d'une manière que le code des collectivités n'a jamais prévue.

Verdict Magouilles & Compagnie

Un coup de filet qui vise cette fois les élus plutôt que les seuls cartels : le signal est politique autant que judiciaire. La justice mexicaine devra établir les responsabilités ; d'ici là, présomption d'innocence pour les personnes arrêtées.