Dans un pays qui a vu s'évaporer les économies de toute une population avec l'effondrement de son système bancaire, voici une nouvelle qui rassurera surtout les prévenus : le 20 juin 2026, la chambre d'accusation du Mont-Liban aurait prononcé un non-lieu dans l'affaire dite Betarabia, qui visait la gestion des jeux de hasard du Casino du Liban.

Selon la presse libanaise, l'ex-directeur du Casino du Liban, Roland Khoury, et le PDG de la société Online Support Services (OSS), Jad Gharios, auraient été innocentés des accusations de détournement de fonds publics, de blanchiment d'argent et d'enrichissement illicite. Ces poursuites avaient été engagées par le parquet financier, qui soupçonnait des irrégularités dans l'exécution d'un contrat de gestion de jeux confié à OSS.

😏 Côté cynique
Un casino, c'est l'endroit où l'on rappelle au visiteur que la maison finit toujours par gagner. Au Casino du Liban, la maison étant en partie publique, c'est donc le contribuable qui jouait — et apparemment, personne n'a triché. Tout est parfaitement réglo : il n'y a juste plus de jetons dans la caisse.

Un contrat de jeux au cœur des soupçons

Le Casino du Liban n'est pas un établissement comme les autres : l'État y détient une participation, ce qui fait de ses recettes — et de leur opacité éventuelle — une affaire d'argent public. C'est précisément la délégation de la gestion des jeux à un prestataire privé, OSS, qui aurait nourri les soupçons du parquet financier : facturations, flux et marges auraient été passés au crible.

La chambre d'accusation est une juridiction d'instruction de second degré : elle peut confirmer un renvoi devant un tribunal… ou estimer que les charges ne sont pas suffisantes et clôturer le dossier. C'est cette seconde voie qui aurait été retenue. Rien n'interdit, à ce stade, un éventuel recours ou une réouverture si des éléments nouveaux apparaissaient.

😏 Côté cynique
« Online Support Services » : un nom de société tellement neutre qu'on pourrait l'appeler n'importe quoi, n'importe où. C'est peut-être tout l'art du dossier — rendre une affaire de casino aussi passionnante qu'un service après-vente.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 20 juin 2026, la chambre d'accusation du Mont-Liban aurait prononcé un non-lieu dans l'affaire Betarabia.
  • Bénéficiaires présumés : Roland Khoury (ex-directeur du Casino du Liban) et Jad Gharios (PDG d'OSS).
  • Charges abandonnées : détournement de fonds publics, blanchiment, enrichissement illicite.
  • Origine : un contrat de gestion de jeux de hasard confié à OSS, scruté par le parquet financier.
  • Un non-lieu met hors de cause ; il peut être contesté. Présomption d'innocence.

Verdict Magouilles & Compagnie

Magouille ou calomnie ? Un non-lieu n'est pas un verdict de culpabilité : il dit que la justice n'a pas réuni assez d'éléments pour aller au procès. Verdict provisoire : dans un Liban où la confiance dans les institutions financières est à terre, voir un dossier touchant à l'argent public se refermer sans procès laissera, au minimum, un goût de jeton amer. La maison ne perd jamais ; reste à savoir qui était vraiment la maison.