Au Kenya, un collège hôtelier qui devait former les professionnels du tourisme est devenu un cas d'école… de la lutte anticorruption. L'ancien ministre du Tourisme, Najib Balala, aurait été arrêté par les enquêteurs de la Commission de lutte contre la corruption (EACC) dans une affaire de paiements irréguliers estimés à 8,5 milliards de shillings kényans, soit environ 54 millions de dollars.

Un chantier à 8,5 milliards de shillings

Selon Anadolu Agency, l'enquête porterait sur des versements irréguliers destinés à la construction de l'Utalii College, dans le comté de Kilifi. Najib Balala et d'autres suspects feraient face à dix chefs d'accusation de corruption et d'atteintes économiques, dont fraude aux marchés publics et détournement de fonds publics.

D'après Citizen Digital, l'ancienne secrétaire principale du ministère du Tourisme, Leah Gwiyo, aurait également été arrêtée dans le cadre de la même procédure. Les enquêteurs de l'EACC chercheraient à retracer le circuit des fonds engagés pour un projet qui, sur le terrain, n'aurait guère avancé.

Nairobi, capitale du Kenya.
Photo : Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — L'EACC, l'agence anticorruption kényane, est à la manœuvre dans le dossier.

Douze ans à la tête du Tourisme

Najib Balala n'est pas un inconnu de la vie publique kényane : il aurait occupé le portefeuille du Tourisme pendant une douzaine d'années au total, de 2008 à 2012 puis de 2015 à 2018, sous plusieurs gouvernements. Un poids politique qui donne à l'affaire une portée dépassant le seul dossier Utalii.

😏 Côté cynique
Le collège devait apprendre l'hôtellerie : accueillir, servir, rendre la monnaie. Sur ce dernier point, l'enquête voudrait justement savoir où elle est passée.

Ce que la justice devra établir

L'EACC devra démontrer la réalité des irrégularités présumées, le rôle exact de chaque protagoniste et le préjudice subi par les finances publiques. Les personnes visées font face à des accusations lourdes, mais aucune condamnation n'a été prononcée à ce stade.

Verdict Magouilles & Compagnie

Un projet censé enseigner l'excellence du service, une facture à 54 millions de dollars et un chantier qui peine à sortir de terre : le contraste est saisissant. La présomption d'innocence s'applique — mais dans le tourisme comme ailleurs, les additions salées finissent toujours par arriver.