Financer la formation des salariés est une belle idée ; encore faut-il que les cours existent. À Milan, le Parquet européen (EPPO) a saisi environ 20 millions d'euros dans une enquête pour fraude aux fonds du plan de relance (RRF) : des financements destinés à la formation professionnelle auraient été obtenus sur la base de formations fictives. Présomption d'innocence pour les personnes visées.

Le dispositif concerné, le « Fondo Nuove Competenze », cofinance la montée en compétences des salariés. La mécanique de la fraude présumée est d'une simplicité redoutable : déclarer des formations, encaisser les fonds publics, mais ne dispenser qu'un enseignement fictif ou fantôme. Selon l'EPPO, la fraude globale est estimée à environ 40 millions d'euros, dont près de 33 millions issus du RRF, et 84 représentants de sociétés à travers l'Italie seraient visés.

😏 Côté cynique
Les fausses formations : le seul secteur où l'on facture des compétences… sans jamais les transmettre. Le stagiaire n'a rien appris, mais l'organisateur, lui, a parfaitement maîtrisé le module « virement ».

La formation, angle mort des fraudes aux subventions

Les fonds de formation sont une cible récurrente, pour une raison structurelle : la « livraison » est immatérielle. Un pont, un bâtiment, une route se voient ; une session de formation, elle, se justifie sur le papier — feuilles d'émargement, attestations, factures. Cette matière première documentaire est précisément ce qui peut être fabriqué.

C'est pourquoi les 20 millions saisis comptent autant que le chiffre global : en gelant l'argent, l'EPPO cherche à éviter qu'il ne se volatilise. Les enquêteurs ont d'ailleurs repéré des tentatives de dissimulation — transferts vers des comptes et produits d'assurance — signe que la piste financière a été prise au sérieux.

Le Parquet européen, gardien du plan de relance

Le plan de relance post-pandémie a déversé des centaines de milliards dans l'Union ; l'EPPO en est le chien de garde. Chaque dossier de ce type — après la Toscane, désormais Milan — rappelle que ces fonds ne sont pas un guichet libre-service : ils sont tracés, contrôlés, et de plus en plus souvent judiciarisés.

Prudence, toutefois : une saisie et des mises sous enquête ne valent pas condamnation. La qualification exacte, l'ampleur définitive et les responsabilités restent à établir. Les éléments proviennent d'un communiqué du Parquet européen, présentés au conditionnel.

😏 Côté cynique
40 millions estimés pour des cours qui n'ont peut-être jamais eu lieu : à ce prix, la seule compétence réellement acquise aura été celle du montage.

Ce qu'il reste à établir

Le montant définitif de la fraude, le nombre de sociétés effectivement poursuivies et les responsabilités individuelles seront tranchés par la justice italienne. Les 20 millions saisis donnent une échelle ; le procès dira ce qu'ils recouvrent.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Parquet européen a saisi ~20 M€ à Milan (fraude aux fonds RRF).
  • Mécanisme : formations fictives via le Fondo Nuove Competenze.
  • Fraude estimée à ~40 M€, dont ~33 M€ de RRF.
  • 84 représentants de sociétés visés à travers l'Italie.
  • Une saisie ne vaut pas condamnation. Présomption d'innocence.

Verdict Magouilles & Compagnie

Magouille ou calomnie ? Il y a une saisie et une enquête d'ampleur ; il n'y a pas de jugement. Verdict provisoire : quand on facture des compétences sans jamais les enseigner, la seule formation réussie est celle du contribuable — à ses dépens.