Une banque publique est censée investir l'argent des autres. Chez Bpifrance, la justice s'intéresse à ceux qui auraient aussi investi le leur — au même endroit. Le Parquet national financier aurait ouvert une enquête préliminaire pour prise illégale d'intérêts, après un signalement de la Cour des comptes.

Environ 200 salariés, et le directeur général

Selon L'Usine Nouvelle, quelque 200 des 3 500 salariés de Bpifrance, ainsi que le directeur général Nicolas Dufourcq et des membres de son comité exécutif, auraient souscrit au fonds « Bpifrance Entreprises 1 ». L'affaire est née d'un rapport de la Cour des comptes sur les activités d'investissement de la banque.

Billets et pièces en euros.
Photo : Wikimedia Commons — Domaine public — L'enquête porte sur des investissements de salariés dans un fonds maison.

Le fonds « BE1 » au cœur du dossier

Lancé en 2020, le fonds « Bpifrance Entreprises 1 » ouvrait au grand public l'accès, dès 5 000 euros, à un portefeuille de sociétés soutenues par Bpifrance. Que des salariés chargés de gérer ces investissements y aient eux-mêmes souscrit soulève la question du conflit d'intérêts — d'où la qualification retenue.

😏 Côté cynique
Investir dans les entreprises qu'on finance avec l'argent public, c'est ce qu'on appelle croire en son travail. Le PNF, lui, préfère parler de prise illégale d'intérêts.

Verdict Magouilles & Compagnie

Deux cents salariés, un patron, un fonds maison et un signalement de la Cour des comptes : l'affaire touche au cœur de la déontologie de l'argent public. L'enquête n'en est qu'à ses débuts et la présomption d'innocence s'applique pleinement.